Sensorion, l’engouement autour de la thérapie génique dans l’audition se confirme

La biotech montpelliéraine Sensorion, spécialisée dans le développement de thérapies innovantes autour des pertes d’audition et des pathologies de l’oreille interne, termine l’année 2020 dans un tourbillon de financements. Après avoir réalisé une augmentation de capital de 31 millions d’euros, elle accueille le Suisse Sonova à son capital (5 millions d’euros). Sa directrice générale Nawal Ouzren confirme, dans le contexte de crise sanitaire, l’engouement des investisseurs pour les biotech.

Sensorion est une biotech prometteuse si l’on en croit l’engouement autour des récentes opérations d’augmentation de capital. Lors de la dernière, en septembre 2020, Sensorion a levé quelque 31 millions d’euros auprès de ses actionnaires (Invus et Sofinnova Partners) mais aussi auprès de nouveaux investisseurs américains et européens.
Et le 15 décembre, c’est le Suisse Sonova, leader dans le domaine des solutions auditives, qui annonçait acquérir une participation de 3,7% au capital de Sensorion par le biais d’une souscription à une augmentation de capital réservée pour un montant brut total de 5 millions d’euros. Objectif : une collaboration stratégique dans le domaine des solutions innovantes diagnostiques et thérapeutiques ciblant certaines formes de pertes d’audition.
Fin octobre, Sensorion avait intégré l’indice EnterNext PEA-PME 150 d’Euronext Paris (indice boursier composé de 150 petites et moyennes valeurs parmi les plus liquides), « ce qui nous permet de générer un flux plus important de liquidités ».

« Notre marché, c’est le monde »
Spin-off de l’Institut des Neurosciences de Montpellier, Sensorion a été créée en 2009 et se positionne comme pionnière dans le développement de thérapies innovantes autour des pertes d’audition et des pathologies de l’oreille interne (surdités, acouphènes, vertiges, etc.). Elle est dirigée par Nawal Ouzren.
Scientifique de formation, Nawal Ouzren (42 ans aujourd’hui) est l’une des rares femmes dirigeantes dans le monde des biotech… Elle dit volontiers son appétence pour l’idée de transformer la pratique médicale. Forte de son expérience sur les maladies rares, elle a relevé le défi de Sensorion sur les pathologies de l’audition qui, si elles ne sont pas mortelles, impactent fortement la qualité de vie « et pour lesquelles on ne pense pas forcément aux médicaments », souligne-t-elle.
 « Cette année, l’engouement pour les biotech a été boosté par la crise, observe la directrice générale. En Europe, il n’y a pas suffisamment de capital pour financer toutes les phases 3 de la biotech européenne. Il faut recourir aux investisseurs américains. Pour nous, c’est l’effet boule de neige positif. Notre marché, c’est le monde… Cette levée de fonds va nous permettre notamment d’avancer sur notre candidat-médicament pour la perte d’audition neurosensorielle soudaine. Et nous sommes ravis de travailler avec Sonova afin d’accélérer le développement de solutions innovantes pour certaines formes de perte d’audition. À la suite de ces financements, nous estimons que les fonds disponibles nous permettent d’avoir une continuité d’exploitation jusqu’au second semestre 2022. »

Institut Pasteur : « un point d’inflexion majeur »
L’entreprise a pris un tournant en 2019 en contractualisant avec l’Institut Pasteur pour le financement de deux programmes précliniques de thérapie génique visant à corriger des formes monogéniques héréditaires de surdité. Ce partenariat octroie une option de licences exclusives à Sensorion pour développer et commercialiser des candidats médicaments issus de projets de recherche de thérapies géniques pour le traitement des problèmes auditifs.
« C’est un peu comme si l’Institut Pasteur était devenu un autre bras armé scientifique pour Sensorion, déclare Nawal Ouzren. Cet accord-cadre entre Sensorion et l’Institut Pasteur a été un point d’inflexion majeur dans la croissance de la société… Nous avons commencé avec un programme sur la déficience en otoferline (protéine jouant un rôle essentiel dans l’audition, NDLR). Les premières données précliniques préliminaires sont positives. Nous avons signé un accord de partenariat avec un manufacturier pour sécuriser la capacité de production. Et nous allons rencontrer l’agence européenne des médicaments en 2021 pour leur présenter nos données. Ensuite, nous pourrons communiquer sur le démarrage des essais cliniques. »
Le second programme préclinique de thérapie génique lancé avec l’Institut Pasteur vise à corriger le syndrome de Usher de type 1, « qui fait que les enfants naissent sourds, avec une fonction vestibulaire défectueuse et donc des problèmes d’équilibre, et qui finissent aveugles », décode Nawal Ouzren.
L’entreprise emploie à ce jour 30 salariés (ils étaient 15 en 2019) et Nawal Ouzren annonce que les effectifs devraient monter à 45 fin 2021, avec le recrutement de profils scientifiques, ingénieurs et techniciens.

Source : LA TRIBUNE – 18/12/2020

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